Enquête DARES Conditions de travail – RPS : un bilan 2016 contrasté

Depuis 40 ans, les enquêtes « conditions de travail » conduites par la DARES, nous renseignent sur la perception du travail par les travailleurs… Les chiffres de l’enquête menée en 2016, montrent une stabilisation des contraintes de rythme de travail et une baisse de certaines problématiques psychosociales et des comportements hostiles. Mais certains indicateurs se dégradent, comme l’autonomie des salariés, et les contraintes physiques restent à un niveau élevé…

 

L’enquête DARES 2016 : 27 000 personnes représentatives des travailleurs des secteurs public et privé, questionnées sur leur temps et rythmes de travail, les pénibilités, les risques et la prévention, les contraintes psychosociales …

Des contraintes de rythme de travail qui se stabilisent

Cadence automatique d’une machine, contrôle ou suivi informatisé, surveillance permanente de la hiérarchie…. Globalement, les contraintes sur les rythmes de travail qui étaient en augmentation ces dernières années, se stabilisent en 2016. Aujourd’hui près d’un travailleur sur deux (48%) déclare être soumis à des « normes de production à satisfaire en une journée ou en une heure ». Le travail demande aussi davantage de vigilance : 43 % des salariés disent « ne pas pouvoir quitter leur travail des yeux » (soit quatre points de plus que trois ans auparavant). Enfin, « devoir fréquemment abandonner une tâche pour une autre plus urgente » et travailler dans l’urgence, concerne toujours plus de travailleurs et particulièrement les femmes (68 % d’entre elles en 2016 contre 65 % en 2013).

… mais toujours un peu moins d’autonomie…

Depuis 1998, l’autonomie des travailleurs et leurs marges de manœuvre diminuent. Les personnes sont toujours moins nombreuses à déclarer choisir elles-mêmes la façon d’atteindre les objectifs fixés ou le fait de « ne pas avoir de délais ou à ne pas pouvoir faire varier les délais fixés ».

L’un des facteurs connaissant la plus forte variation dans les dernières années, est la répétitivité : 43 % des répondants déclarent « répéter continuellement une même série de gestes ou d’opérations », ils n’étaient que 27 % en 2005. Cette répétitivité concerne surtout les employés administratifs et les ouvriers, et à catégorie socioprofessionnelle identique, les femmes ont toujours moins de latitude dans leur travail que les hommes

Moins de pression et plus de reconnaissance

Plusieurs indicateurs indiquent toutefois des améliorations entre 2013 et 2016, citons par exemple :

  • une réduction de la charge mentale : 44% des répondants disent « devoir penser à trop de choses à la fois » (contre 49% précédemment).
  • moins de « travail sous pression » : 31 % se disent concernés (contre 36%).
  • plus de reconnaissance (moins de personnes ont le sentiment de « ne pas être reconnue pour leur travail » 23,8% contre 29,1%).

Des données positives auxquelles on peut aussi ajouter la stabilité à un niveau élevé de l’entraide et de la coopération au sein des équipes et une stabilisation des rapports avec les collègues ou le supérieur hiérarchique. Les situations de violence morale sont mêmes en recul (30 % des travailleurs déclarent avoir subi un comportement hostile au cours des douze derniers mois contre 37 % en 2013).

Des contraintes physiques qui restent à un niveau élevé

En 2016, les contraintes et risques physiques se stabilisent à un niveau élevé : une personne sur trois est soumise à au moins trois contraintes physiques : rester longtemps debout, posture pénible, déplacements à pied longs ou fréquents, port de charges lourdes, secousses ou vibrations… Une personne sur trois est également en contact avec un produit dangereux. Près d’une personne sur cinq (18 %) subit un bruit intense, gênant pour converser avec une personne située à 3 mètres… Un ensemble de contraintes et risques physiques qui concernent particulièrement les hommes.

Comment agir ?

Pour agir en matière de prévention des risques physiques, des risques psycho-sociaux ou de diminution des contraintes vécues par les travailleurs, il est nécessaire de combiner des actions en prévention primaire, secondaire et tertiaire.

Dans ce cadre, le Groupe JLO propose un accompagnement global des projets de Qualité de Vie au Travail.

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Publié le 18 janvier 2018 dans Santé au travail

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