Intelligence artificielle (IA) et travail

Dans les représentations, l’intelligence artificielle (IA) est souvent associée à des humanoïdes dotés de conscience… en réalité l’intelligence artificielle nous entoure déjà, par exemple : l’assistant vocal d’un smartphone. En effet, l’intelligence artificielle peut être simplement définit comme l’ensemble des technologies qui permettent d’exécuter informatiquement des tâches cognitives auparavant réalisées par un humain…  Cette automatisation des tâches a déjà eu des répercussions importantes sur le travail, et à l’avenir il faut s’attendre à une véritable révolution. Faut-il craindre l’intelligence artificielle ? Quelles seront les conséquences sur l’emploi ?

En complément du rapport de Cédric Villani « Comment positionner la France et l’Europe dans la course à l’Intelligence Artificielle », un nouveau rapport « Intelligence artificielle et travail »* réalisé par  France Stratégie vient d’être remis fin mars à la Ministre du travail. Ce dernier rapport nous renseigne sur les impacts dans le futur de l’intelligence artificielle sur le travail.

 

* Télécharger le rapport complet en suivant ce lien

 

49 % des personnes pensent qu’il y aura nettement moins d’emplois disponibles dans une dizaine d’années (Sondage Ipsos-Sopra Steria, Lire l’économie, Le Monde, 12/2017).

49 % des personnes pensent qu’il y aura nettement moins d’emplois disponibles dans une dizaine d’années (Sondage Ipsos-Sopra Steria, Lire l’économie, Le Monde, 12/2017).

IA, entre opportunités et risques

Comme toute technologie, c’est l’usage que l’on fera de l’intelligence artificielle (IA) qui en fera une opportunité ou pas. Alors, que peut-on mettre dans la balance comme opportunités /risques de l’IA ?

On imagine facilement les opportunités économiques qui s’ouvrent devant nous : gains de productivité par automatisation et optimisation, nouveaux marchés (par exemple les véhicules autonomes…). L’IA pourrait offrir aussi de nouvelles opportunités sociales : de nouveaux métiers, une amélioration des conditions de travail par l’abandon des tâches répétitives au profit d’activités relationnelles ou créatives…

Mais le risque pour l’emploi est évident du fait des gains énormes de productivité. On peut également craindre un risque pour les travailleurs : dévalorisation des compétences, perte d’autonomie, contrôle accru… et même perte du sens du travail.

L’exemple des transports

Le secteur des transports concerne en premier lieu les marchandises, l’entreposage et les services logistiques, et dans une moindre mesure le transport des personnes et les services de courrier. Le secteur est aujourd’hui plutôt en reprise, et certains métiers sont en pénurie comme les chauffeurs routiers. Mais à l’avenir, le développement du véhicule autonome pourrait entraîner la diminution du nombre de chauffeurs routiers (un homme prendrait en charge un convoi de véhicules). Cette technologie nécessiterait toutefois des chauffeurs pour les dessertes locales, ainsi que des contrôleurs. Lorsque la technologie sera sûre, le transport des personnes sera lui aussi sans doute révolutionné.

L’exemple des banques

Les effectifs des banques sont en baisse, une baisse qui devrait s’accentuer avec les nombreux départs à la retraite compte tenu de la pyramide des âges. Le secteur bancaire est un secteur où s’est particulièrement modifiée l’activité avec, par exemple, la dématérialisation de la relation client et les opérations bancaires en ligne… L’une des conséquences de l’IA est qu’à l’avenir, le secteur devrait embaucher des profils plus qualifiés qu’aujourd’hui.

L’exemple de la santé

La santé est un secteur qui pourrait également connaître un profond bouleversement avec l’IA. Tout simplement parce que de nombreuses tâches simples et même complexes comme l’aide au diagnostic, à la prescription, et même la robotisation d’actes médicaux pourraient être davantage automatisées.

Des enjeux et des recommandations

Les conséquences de l’IA sur les qualifications sont difficiles à appréhender car cela  dépendra des choix d’organisations : automatisation avancée ou complémentarité humain-machine. Avec l’automatisation des tâches élémentaires, l’IA favorise dans le même temps un besoin de spécialistes et de généralistes. Par exemple, pour les banques : des employés spécialisés pour les tâches complexes non traitées par l’IA, mais aussi des employés pour l’accueil et l’orientation des clients.

L’IA peut ainsi entraîner une déqualification relative ou à l’inverse une montée en qualification.

Le rapport s’achève sur trois grandes recommandations pour relever les enjeux de la révolution à venir :

  • Anticiper les effets de l’IA sur le travail et accompagner les organisations à anticiper leurs besoins de compétences notamment en identifiant les tâches automatisables ou pas par l’IA,
  • Assurer la formation des travailleurs aux enjeux de l’IA: favoriser l’émergence de talents pour produire l’IA et encourager le développement des compétences en informatique,
  • Sécuriser davantage les parcours professionnels pour les secteurs fortement impactés par l’IA : protéger les individus dont les emplois pourraient disparaître demain et former les individus par blocs de compétences pour favoriser le passage d’un métier à un autre.

 

Pour faire face à ses évolutions, Le Groupe JLO accompagne à la fois les personnes dans la sécurisation de leur parcours professionnels : repositionnement professionnel, bilan professionnel adapté, bilan de compétences… mais également les employeurs dans la mise en place de politique de prévention de la désinsertion professionnelle.

 

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Dans un souci d’accessibilité et de clarté, l’écriture inclusive n’est pas utilisée dans cet article. Les termes employés au masculin se réfèrent aussi bien au genre féminin que masculin.

Publié le 10 avril 2018 dans Qualité de vie au travail Santé au travail

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