Autisme et handicap psychique

Autisme et handicap psychique

L’adaptation de l’accompagnement des personnes atteintes du spectre de l’autisme ou d’autres troubles psychiques, mentaux ou cognitifs est décrite dans ces 2 ouvrages très intéressants récemment sortis.

Le handicap psychique mental et cognitif

« L’inclusion socioprofessionnelle des personnes en situation de handicap psychique, mental et cognitif » publié par le conseil scientifique du FIPHFP  explore les changements à amorcer pour faire correspondre le milieu du travail et ces salariés.

Le conseil scientifique du FIPHFP

Installé en février 2014, le Conseil scientifique est un organe consultatif ayant pour mission de réfléchir à tous les enjeux liés à la politique de l’emploi des personnes en situation de handicap, dans le cadre des objectifs arrêtés par le FIPHFP dans sa feuille de route 2014-2018.

Il souhaite apporter les repères nécessaires à tout environnement de travail, ayant pour projet d’accueillir des personnes en situation de handicap.

Il a publié un 1er ouvrage fin 2015: « L’accompagnement des agents en situation de handicap au cours de leur vie professionnelle », qui se présente sous forme de guide pratique à destination des employeurs, des responsables du personnel et des agents chargés de la mise en œuvre de l’accompagnement.

Accompagner les déficiences psychiques

Ce second ouvrage se base sur l’analyse individuelle et collective d’une situation de maintien dans l’emploi dans une administration publique. Il aborde ainsi à la fois les questionnements de l’employeur et les réponses possibles en termes d’aménagements de postes et de démarches d’intégration.

Cette publication, d’après son éditeur, a surtout le mérite de soulever des enjeux spécifiques au handicap psychique :

« Il ne s’agit plus d’avoir une vision techniciste et objectivante du handicap mais bien de se laisser interpeller par la dimension environnementale et profondément subjective de situations de handicap qui se vivent plus qu’elles ne se décrivent. L’enjeu sociétal sous-jacent est celui de la reconnaissance des compétences des personnes et de leurs capacités à s’inscrire dans le monde du travail en opposition à une identité professionnelle centrée sur les déficiences et les limitations. »

Le conseil scientifique lance 3 pistes d’actions pour le FIPHFP :

  1. se montrer innovant en matière d’emploi accompagné, notamment par une promotion accrue des aides aux employeurs publics en matière de handicap psychique, mental et cognitif.
  2. sensibiliser les responsables des ressources humaines à développer de nouvelles pratiques d’encadrement dans la fonction publique, axées sur la préservation de la santé au travail.
  3. encourager les employeurs à développer des actions et des expérimentations en faveur de l’inclusion d’agents en situation de handicap mental, psychique et cognitif.

Les auteurs appellent ainsi à « la connaissance et la compréhension fine des mécanismes de compensation pertinents et de dispositifs innovants d’accompagnement des équipes (…) Cela ne pourra cependant se faire sans un important travail de refonte de la gestion des ressources humaines dans la fonction publique et de lutte contre la stigmatisation. »

Cet ouvrage est vendu au prix de 6 € et disponible en version numérique accessible par exemple sur le site de Decitre.

Consulter le site de l’éditeur Chronique Sociale.

Le guide sur les Troubles du Spectre de l’Autisme

Le guide d’appui pour l’élaboration de réponses aux besoins des personnes présentant des troubles du spectre de l’autisme est un ouvrage pratique et complet pour informer et guider les personnes accompagnant les salariés concernés.

Ce guide, réalisé par le CNSA** constitue une source d’informations intéressantes pour quiconque accompagne un salarié avec troubles autistiques, même s’il est destiné en première intention aux équipes pluridisciplinaires des MDPH*** et à leurs partenaires, accompagnant la personne handicapée et/ou intervenant auprès d’elle.

En effet, au cours de ses 142 pages, il aborde un ensemble de questions concrètes relatives à ces troubles et leurs implications :

Que recouvrent exactement ces troubles ? Sur quelles données scientifiques s’appuyer ? Quelles sont les différentes limitations d’activités et restrictions de participation qu’ils sont susceptibles d’impliquer ? (…) Quels sont les différents types et modalités d’interventions au regard, notamment, des recommandations de bonnes pratiques professionnelles publiées depuis 2005 ?

Les auteurs font preuve d’une grande prudence, requise en effet pour aborder les spécificités des troubles psychiques, mentaux et cognitifs : Ils alertent le lecteur, indiquant que ce guide « qui se veut synthétique et pratique, répond à un besoin d’harmonisation des pratiques, d’égalité de traitement et d’équité des réponses.

Il prend appui sur les données actuelles et a vocation à être mis à l’épreuve du terrain, à évoluer et à être enrichi par les observations des équipes, les résultats de la recherche et les publications à venir. Sa parution intervient d’ailleurs à un moment de transition et d’évolution des pratiques des acteurs impliqués dans le repérage, le diagnostic, l’évaluation et l’accompagnement des personnes avec TSA (Troubles du Spectre de l’Autisme) »

Le handicap psychique et l’autisme dans l’environnement professionnel

Se défendant d’être un guide de recommandation de bonnes pratiques professionnelles, le document aborde quand même l’insertion professionnelle par un propos juste :

“Les personnes avec TSA peuvent avoir des compétences répondant aux besoins des entreprises, mais elles sont souvent désavantagées pour trouver et conserver un emploi en raison notamment de leurs difficultés dans les interactions sociales et du manque d’adaptation de l’environnement professionnel.

Elles peuvent pourtant faire preuve de capacités au-dessus de la moyenne dans certains domaines : résolution de problèmes, attention portée aux détails, niveau de concentration, sérieux, souci de perfection, fiabilité, ponctualité, respect des délais, capacités techniques, intérêts pour des domaines spécialisés, connaissance factuelle et détaillée, mémoire…

Les comportements de ces personnes (difficultés à gérer les changements, hypersensibilité sensorielle, difficultés de compréhension des codes sociaux…) peuvent paraître surprenants et sont souvent mal compris dans leur milieu de travail. De plus, elles présentent généralement des difficultés à travailler en groupe, un manque d’estime de soi, des difficultés à comprendre certains fonctionnements professionnels (« compétition » entre salariés…).

Le poste de travail doit être adapté aux compétences et aux limitations des personnes avec TSA. De plus, de manière générale, certaines adaptations simples des conditions de travail peuvent favoriser l’insertion professionnelle :

  • laisser le temps de la prise de connaissance avec les collègues ;
  • rappeler les consignes nécessaires ;
  • expliquer clairement les rudiments des usages de l’entreprise et de sa culture interne ;
  • désigner parmi les collègues un référent pouvant être sollicité en cas de besoin ;
  • ne pas se formaliser du comportement de la personne avec TSA.”

Le Groupe JLO accompagne les entreprises et les administrations publiques dans l’accueil et l’insertion des salariés présentant des troubles du Spectre de l’Autisme ou des déficiences psychiques, mentales ou cognitives.

Nos experts, notamment Pierre MANIFICAT et Fabrice SOULE, suivent à la fois les salariés travailleurs handicapés et les employeurs, de manière individuelle ou collective : coaching, accompagnement personnalisé à l’embauche ou en cours de carrière, sensibilisation du collectif, formation à la gestion du handicap psychique

Le guide d’appui pour l’élaboration de réponses aux besoins des personnes présentant des troubles du spectre de l’autisme est téléchargeable en cliquant ici.

*FIPHFP : Fonds pour les Personnes Handicapées de la Fonction Publique

**CNSA : la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie est une « caisse » chargée de répartir les moyens financiers, notamment pour les MDPH et une « agence » d’appui technique. Elle est chargée de financer les aides en faveur des personnes handicapées, de garantir l’égalité de traitement sur tout le territoire et pour l’ensemble des handicaps et des situations de perte d’autonomie, d’assurer une mission d’information et d’animation de réseau, un rôle d’expertise et de recherche sur les questions liées à l’accès à l’autonomie, quels que soient l’âge et l’origine du handicap. Elle dispose pour cela d’un budget de plus de 23 milliards d’euros.

***MDPH : Maisons Départementales des Personnes Handicapées

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