Les salariés du secteur privé face aux risques professionnels, étude Dares

La Dares nous livre les premiers éléments de l’enquête Sumer 2017 (1) ; un bilan sur 20 ans mitigé, bien que la formalisation des pratiques de prévention se généralise. En termes de risques physiques, entre 1994 et 2017, la plupart des expositions des salariés ont enregistré une baisse dans le secteur privé, à l’exception du bruit. Un tiers des salariés reste exposé à au moins un produit chimique, ce qui ne représente qu’une faible baisse depuis 1994. Et en 20 ans, le nombre de salariés exposés à des agents biologiques a augmenté.

Des évolutions contrastées pour les contraintes physiques et les expositions chimiques

A titre d’exemple, l’exposition à la manutention manuelle de charge reste toujours aussi importante, puisqu’en 2017, 35% des salariés y sont confrontés, et 5% le sont pendant 20 heures ou plus par semaine. Cependant cette exposition tend à diminuer dans toutes les catégories socio-professionnelles et tous les secteurs depuis 1994, excepté celui de l’agriculture.

Concernant le travail répétitif, on note qu’en 2017 ils étaient 16% des salariés à être exposés à la répétition d’un même geste ou d’une série de gestes à cadence élevée. Après avoir connu une baisse entre 1994 et 2003, ce taux a nettement augmenté en 2010, pour ensuite baisser en 2017. Les évolutions technologiques, dont l’automatisation, peuvent justifier cette diminution du travail répétitif.

En 2017, être exposé à au moins un produit chimique touche un tiers des salariés lors de la semaine travaillée précédant l’enquête, après une hausse entre 1994 et 2003 (+3 points), puis une baisse entre 2003 et 2010 (-4 points). On assiste désormais à une quai stabilité entre 2010 et 2017. A noter que les ouvriers qualifiés et les ouvriers non-qualifiés sont les plus exposés à au moins un produit chimique (respectivement 61% et 56% en 2017).

Par ailleurs, près de 1,8 millions de salariés, soit 10% du total, sont exposés à au moins un produit chimique cancérogène. Cette part a connu une baisse de 4 points entre 2003 et 2010, puis est restée stable entre 2010 et 2017. Les salariés de la construction (31%) et les ouvriers qualifiés (30%) sont toujours les plus exposés à ce type de contamination.

L’intensité du travail

Pour les risques psychosociaux, la prise en compte de l’intensité du travail est une donnée essentielle. Elle est déterminée par les contraintes de rythme de travail ou par la perception que peuvent en avoir les salariés. Si les contraintes de rythme tendent à diminuer entre 2010 et 2017, environ un tiers des salariés subissent toujours au moins 3 contraintes de rythme marchandes ou machiniques (2), ce qui représente 4 points de plus qu’en 1994. Cette évolution est à nuancer selon les secteurs d’activité, puisqu’il y a une diminution dans l’agriculture, mais une augmentation dans l’industrie, la construction et surtout dans le tertiaire (+6 points entre 1994 et 2017).

L’autre facteur essentiel des risques psychosociaux au travail est le manque d’autonomie. On note une diminution des marges de manœuvres des salariés sur la période 2003-2017. A titre d’exemple, pour 42% des salariés en 2017, il était impossible de faire varier les délais fixés, contre 35% en 2003.

Le fait de travailler avec le public peut également être source de tensions. Cela concerne 71% du total des salariés. La part d’entre eux qui ont témoigné d’au moins une agression verbale ces 12 derniers mois, reste stable depuis 2010, à hauteur de 15%.

Concernant les comportements hostiles sur le lieu de travail, on note une baisse de 7 points entre 2010 et 2017, passant ainsi de 22% à 15%.

Satisfaction au travail et pratiques de prévention

Malgré des risques psychosociaux importants (la tension au travail ou job strain se stabilise à un niveau élevé), l’étude nous apprend qu’il y a environ 9 salariés sur 10 qui se déclarent satisfaits de l’ensemble de leur travail, une proportion identique à 2003.

En termes de prévention, près d’un salarié sur deux (49%) est couvert par un Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) selon les médecins du travail qui ont réalisé l’enquête Sumer de 2017. En parallèle, on observe une prise de conscience de la part des entreprises sur le sujet, puisque 38% des établissements ont eu recours en 2017 à des intervenants extérieurs pour la prévention des risques professionnels, soit une hausse de 8 points par rapport à 2010.

Le Groupe JLO, expert de la prévention des risques physiques et psychosociaux

Doté d’un large éventail d’offres sur le champ de la santé au travail, le Groupe JLO se propose de vous accompagner sur la prévention des TMS et des RPS au sein de votre structure. Notre équipe, forte d’une trentaine d’ergonomes européens et de psychologues du travail, intervient sur toute la France au travers de nos 13 agences sur les trois champs de prévention : primaire, secondaire et tertiaire.

(1) L’enquête Surveillance médicale des expositions des salariés aux risques professionnels (Sumer) a été administrée par 1200 médecins du travail entre 2016 et 2017, elle fait suite aux précédentes éditions de l’enquête en 1994, 2003 et 2010. Elle regroupe un échantillon de 26 500 salariés du secteur privé et des trois versants de la fonction publique (hospitalière, territoriale et de l’Etat), représentant près de 25 millions de salariés.

(2) Le rythme de travail est imposé par au moins trois des contraintes suivantes : le déplacement automatique d’un produit ou d’une pièce et/ou la cadence automatique d’une machine, d’autres contraintes techniques, la dépendance immédiate vis-à-vis du travail d’un ou plusieurs collègues, des normes de production ou des délais à respecter en une journée au plus, une demande extérieure obligeant à une réponse immédiate, les contrôles ou surveillances permanents exercés par la hiérarchie, un contrôle ou un suivi informatisé.

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