Souffrance au travail : le personnel hospitalier témoigne

L’Observatoire de la Souffrance au Travail (OSAT) a lancé pour la première fois en 2018 une plateforme en ligne sur laquelle le personnel médical peut déclarer les situations de souffrance au travail. Cette déclaration, peut servir à la mise en place d’actions pour surveiller et agir sur les causes de souffrance. En 2018, l’observatoire a analysé 64 déclarations, quel est le profil de ces victimes ? Que ressentent-elles ?

Souffrance au travail : le personnel hospitalier témoigne - Groupe JLO, développeur de QVT

Des profils plus exposés

L’étude statistique du baromètre a permis de révéler plusieurs facteurs qui mettent en lumière des inégalités selon le sexe, le poste ou le service dans lesquels interviennent les personnes souffrantes.

  • Les femmes représentent deux-tiers des déclarants (66%).
  • 79% des déclarants ont un statut de Praticien Hospitalier à plein temps avec un temps de travail médian de 48h.
  • 20% des personnes en souffrance avaient la responsabilité d’un service ou d’un pôle.
  • 30% des déclarants font partie du service Anesthésie Réanimation, 14% du service psychiatrique et 9% en pharmacie.

Si l’on dresse le profil type le plus touché par la souffrance au travail on obtient alors une femme dans un service d’anesthésie/réanimation, psychiatrique ou en pharmacie.

Des personnels hospitaliers en souffrance

Sur une échelle de 1 à 10, le niveau de souffrance est auto-évalué à 8 par les déclarants, avec un danger imminent pour soi dans la moitié des cas ! Ces souffrances sont à l’origine d’arrêts de travail de plus de deux semaines dans 36% des cas et peuvent entraîner des risques psychosociaux tels que des :

  • Troubles du sommeil (81% des cas)
  • Troubles anxio-dépressifs (59%)
  • Troubles alimentaires (41%)
  • Idées suicidaires (13%)

La vie personnelle est également impactée par des difficultés dans le couple ou avec les enfants dans 22% des cas.

Les principales causes de ces souffrances identifiées par les déclarants sont liés à :

  • La gouvernance de l’établissement (55% des déclarations)
  • De mauvaises relations avec les supérieurs hiérarchiques (48%) et les conflits interpersonnels (44%)
  • Une surcharge quantitative de travail (47%) et le déficit de personnels (39%)
  • La surcharge émotionnelle (41%)
  • L’isolement professionnel contraint (39%)

De nombreux cas de présomption de harcèlement moral ont été relevés également (44%). Un harcèlement qui provient de la direction et de la hiérarchie médicale dans 61% des cas et qui se manifestent par des dévalorisations implicites et sournoises (82%) et/ou des attitudes de mépris (79%).

Peu de soutien et de recours

Malgré l’ampleur des déclarations, peu de soutien semble être accordé aux victimes, en partie parce que 70% d’entre elles ne le sollicitent pas. Pourtant lorsque la protection fonctionnelle* est demandée, elle n’est accordée que dans 22% des cas.

30% des déclarants se tournent vers leur supérieur hiérarchique, une autre partie équivalente vers le médecin traitant. Le médecin du travail est également sollicité dans 56% des cas, 11% sont même allés jusqu’à saisir leur avocat. Les réactions des professionnels sont diverses :

  • De la compréhension (dans 64% des cas)
  • Un soutien (54%)
  • De l’indifférence (36%)
  • Un parti-pris pour l’autorité (34%)
  • Une incitation au départ (31%)

Aucun répondant n’a utilisé de hotline psychologique ou de ligne d’écoute pour parler de leur souffrance mais 58% souhaitaient tout de même être contacté par l’OSAT.

*L’administration doit protéger juridiquement les agents victime d’infraction dans le cadre de ses fonctions et réparer les préjudices subis.

Le Groupe JLO, développeur de QVT

Nos équipes de psychologues du travail sont formés de la prévention à la gestion des risques psycho-sociaux. Nous accompagnons les entreprises dans la définition et la mise en place de leur politique de santé au travail et dans leur analyse des risques professionnels (Document Unique). Nous proposons  également des lignes d’écoutes et d’assistance psychologique pour identifier les collaborateurs en souffrance. Enfin nous pouvons intervenir dans la gestion des situations de stress post-traumatique.

Je souhaite mettre en place une cellule d’écoute psychologique

Dans un souci d’accessibilité et de clarté, l’écriture inclusive n’est pas utilisée dans cet article. Les termes employés au masculin se réfèrent aussi bien au genre féminin que masculin.

Publié le 21 février 2019 dans Qualité de vie au travail Santé au travail

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