Inégalités salariales : état des lieux

Malgré une politique engagée, et la réduction de l’écart salarial femmes-hommes, la France reste un pays où règne de fortes inégalités.

10% des salariés français les moins bien rémunérés perçoivent au mieux 1 200€ par mois tandis que les 10% les mieux payés perçoivent au minimum 3 650€, soit trois fois plus*. 

Les femmes ont un salaire moyen encore inférieur de 12,8% de moins que les hommes à travail égal*.

Des écarts de salaires qui trouvent leurs origines dans les différences de niveau de qualification, de catégorie sociale, mais également dans des process internes discriminants en particulier entre les femmes et les hommes.

Inégalités salariales : état des lieux
*Selon l’Insee – 2015

Des inégalités de salaires fortes en France

Si l’on compare les 10% de salariés les moins bien rémunérés, au 10% les mieux rémunérés, ces derniers touchent au moins 2 400€ de plus par mois, soit l’équivalent temps plein de deux mois au SMIC. Les 1% les mieux payés perçoivent quant à eux, au minimum un salaire de 8 283€. Des inégalités encore plus importantes en fonction du genre, les femmes étant moins nombreuses à percevoir des rémunérations élevées. Si l’on prend en compte les 1% des salariés les mieux payés, les femmes gagnent au minimum 6 317€ contre 9 503€ pour les hommes, soit un écart de plus de 3 000€.

On considère les 50% des salariés au milieu de la répartition (au-dessus des 30% les moins rémunérés et au-dessous des 20% les plus rémunérés) comme la classe moyenne qui vit avec des salaires compris entre 1 490€ et 2 750€. Le salaire net mensuel médian français s’élève quant à lui à 1 797€/mois.

Des écarts importants entre cadres et employés

Avec un salaire mensuel moyen de 4 140€, les cadres supérieurs gagnent en moyenne 2,5 fois plus qu’un employé en équivalent temps plein. De plus, ces salaires ne comprennent pas l’ensemble des avantages dont profitent les cadres comme les avantages en nature (véhicule, téléphone etc…) ou les primes. Les cadres étant généralement plus jeunes que les ouvriers et les employés, l’écart salarial à âge égal s’intensifie encore.

Enfin, les femmes de la catégorie des cadres supérieurs gagnent en moyenne 20% de moins que leurs homologues masculins.

Les inégalités salariales femmes-hommes

Le premier facteur d’inégalité salariale provient des différences de temps de travail. En moyenne les femmes sont quatre fois plus souvent en contrat à temps partiel que les hommes. A cela s’ajoute que les hommes font davantage d’heures supplémentaires, ce qui tend à accroitre encore l’écart de salaire.

Plus on monte dans l’échelle des salaires, et plus l’écart salarial entre les femmes et les hommes est  important. Au niveau médian, les femmes sont rémunérées 13% de moins que les hommes, alors que le salaire minimum des 10% de femmes les mieux rémunérés est inférieur de 21% à celui des hommes.

Comment mesure-t-on ces inégalités ? Selon différents indicateurs :

  • Tous temps de travail confondus, l’écart salarial femmes-hommes est de 25,7%
  • En équivalent temps plein, les femmes ont un salaire inférieur de 18,5% à celui des hommes
  • En ne comparant que les salaires de postes à temps complet, l’écart est encore de 16,3%
  • A temps de travail équivalent et compétences égales, l’écart diminue [à 12,8%

Si l’on tient compte des différences d’âges, du type de contrat, du temps de travail, du secteur et de la taille de l’entreprise, il reste un écart de salaire moyen entre les femmes et les hommes de 10,5%**. Une différence de traitement « inexplicable », qui se rapproche ainsi de la discrimination pure pratiquée en fonction du genre. Certains facteurs pourraient justifier partiellement cet écart comme la situation familiale, l’inégalité de la répartition femmes/hommes dans les secteurs d’activité ou l’expérience.

**Selon le Ministère du travail  – données 2012.

Les Françaises de plus en plus hostiles aux écarts de salaire

D’après une récente étude*** sur le ressenti des salariés européens à propos de leur environnement de travail, 27% d’entre eux estiment qu’il est nécessaire de signaler les écarts de rémunération. Toujours selon le même rapport, la tolérance des salariés européens face aux inégalités de salaire se réduit de plus en plus. 60% des salariés européens, et plus particulièrement 55% des salariées françaises, seraient ainsi prêts à démissionner s’ils avaient connaissance de pratiques inégalitaires dans leur entreprise.

Parmi toutes les générations actuellement présentes sur le marché du travail, les millenials (nés entre 1980-1990) sont les plus hostiles aux inégalités salariales femmes-hommes. Aujourd’hui, les collaborateurs attendent de leurs entreprises un comportement exemplaire sur ces enjeux sociétaux d’égalité et de justice. Un positionnement que les entreprises auraient tort de ne pas prendre en compte face au risque de désengagement des salariés, ce qui impacte directement la performance et la productivité.

***Etude ADP sur le sentiment des salariés européens à l’égard de leur environnement professionnel basé sur les témoignages de 10 585 salariés en Europe dont 1 410 en France.

La France progresse

Malgré des inégalités persistantes, l’écart de rémunération en France tend à se réduire : l’écart de rémunération ajusté passe à 3,7%, alors qu’il était de 6,3% en 2016****. L’écart ajusté est calculé à partir de contrôles statistiques permettant de comparer les hommes et les femmes aux caractéristiques semblables (âge, diplôme, expérience, secteur d’activité, etc…).

Déclarée grande cause du quinquennat, l’égalité professionnelle femmes-hommes doit dorénavant être mesurée dans les entreprises via le calcul de l’index de l’égalité professionnelle. Les plus grandes entreprises françaises ont dû se plier à l’exercice au 1er mars 2019 et ont publié leur résultat sur leur site internet.

Relire notre article sur l’index de l’égalité professionnelle

****Selon une étude internationale de Glassdoor « Progress on the Gender Pay Gap » réalisée en 2019.

Le Groupe JLO, labellisé Egalité Professionnelle

De par sa double labellisation, Egalité professionnelle et Diversité, et ses nombreux engagements (manifeste « sexisme pas notre genre », charte LGBT de l’Autre Cercle…) le Groupe JLO a toujours fait de la lutte contre les inégalités une priorité. Nos équipes se composent de deux-tiers de femmes, et d’un taux d’emploi de personnes en situation de handicap supérieur à la moyenne, y compris dans nos postes de management et dans nos comités stratégiques et opérationnels.

Parce que nous nous voulons être exemplaires, nous avons publié en avance le résultat du calcul de notre index de l’égalité professionnelle [qui est de 85/100.

Nos consultants, experts dans le pilotage des politiques Diversité, vous accompagnent et vous conseillent dans les démarches de diagnostic, de mise en œuvre de plans d’actions ou de préparation à la labellisation.

Je souhaite être accompagné dans ma politique diversité et égalité professionnelle

Dans un souci d’accessibilité et de clarté, l’écriture inclusive n’est pas utilisée dans cet article. Les termes employés au masculin se réfèrent aussi bien au genre féminin que masculin.

Publié le 3 avril 2019 dans Actualité du groupe Diversité

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