Alcool et travail, quels liens, quelle prévention ?

L’alcool au travail, c’est le thème choisit pour la troisième journée nationale de prévention des conduites addictives en milieux professionnels, organisée ce 17 mai par la MIDELCA (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives). Une journée pour libérer la parole et lutter contre les idées reçues : l’alcool concerne tous les secteurs d’activité et toutes les catégories professionnelles. Comme le souligne la MIDELCA, au-delà de l’enjeu de santé et de sécurité lié à la consommation d’alcool, la qualité du travail et le bien-être au travail doivent aussi interpeller les dirigeants, les responsables RH et les partenaires sociaux pour que la prévention devienne une question stratégique.

L’alcool, première substance psychoactive consommée au travail

L’INRS nous rappelle que l’alcool est la première des substances psychoactives posant un problème de santé et sécurité au travail. Une part non négligeable de salariés sont concernés : 16,4 % des actifs occupés déclarent consommer de l’alcool sur le lieu de travail en dehors des repas et des pots*. Une enquête de l’INPES menée auprès de 750 médecins du travail avait également révélé que, sur les 12 mois précédant l’étude, 92 % des médecins du travail avaient été sollicités par des DRH pour un problème d’alcool chez un salarié.

Comment qualifier un problème d’alcool ? En matière de consommation de substance addictive, on distingue plusieurs types de consommation : l’usage simple sans complication immédiate, l’usage abusif et la dépendance. Selon l’INRS, on parle d’addiction, pour désigner le besoin puissant et permanent de continuer la consommation d’un produit malgré toutes les complications engendrées (santé, famille, relations sociales, travail…). Ainsi, d’une façon générale, on parlera de « pratiques addictives » pour considérer l’ensemble des modes de consommation  et aborder la prévention d’une façon plus globale.

* menée en 2009 par l’INPES, l’INRS et la SMTOIF (Société de médecine du travail de l’Ouest de l’Île de France)

** Selon le dernier baromètre santé de l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) publié en 2010.

Pénibilité au travail et alcool

Comme le souligne l’INRS, les pratiques addictives peuvent être liées à des facteurs relevant de la vie privée, mais également à des facteurs en lien avec le travail… Et c’est justement, l’une des conclusions d’une étude du ministère du Travail publiée début mai dans la revue Travail et Emploi (DARES) menée sur 11.000 personnes en 2010.

Ce travail de recherche a permis de démontrer le lien entre une consommation excessive d’alcool et la pénibilité au travail. Par consommation excessive, les chercheurs entendent 14 verres hebdomadaires pour les femmes et plus de 21 verres pour les hommes.

Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas le statut d’ouvrier qui expose à boire d’avantage, mais bien les conditions de travail : travail en plein air, port de charges lourdes, secousses ou vibrations… La consommation d’alcool est alors utilisée « pour tenir », « pour supporter les risques ». Les hommes et les secteurs majoritairement masculins sont plus touchés : par exemple les salariés du bâtiment et des travaux publics, ainsi que les agriculteurs.

Mais chez les cadres aussi, la consommation d’alcool est supérieure à la moyenne : 15% d’entre eux boivent quotidiennement pour seulement 11% de la population générale. Chez les cadres, la pression au travail serait un élément explicatif, mais d’autres facteurs seraient aggravants comme le fait de connaître des épisodes dépressifs ou de l’anxiété. Comme chez les ouvriers, chez les cadres, les hommes sont plus touchés que les femmes.

Quelle prévention ?

L’alcool peut être une source d’accident et de problème de santé, mais les conditions de travail peuvent aussi jouer sur les pratiques addictives. Ainsi, pour l’INRS, il est important d’inscrire le risque lié aux pratiques addictives dans le document unique et d’établir un plan de prévention. Cette prévention doit concerner l’ensemble des travailleurs et pas seulement certains salariés (salariés en difficulté ou certaines catégories de postes). Au-delà de cette prévention globale, il s’agit aussi de mettre en place une prise en charges des cas individuels.

La prise en compte de ce risque, au-delà du bénéfice direct sur la santé et la sécurité des travailleurs peut aussi, comme le souligne l’INRS, améliorer la sécurité des tiers : clients ou usagers de la route.

La prévention consiste à informer chaque salarié :

  • des risques encourus pour sa santé et sa sécurité,
  • de la réglementation en vigueur et du règlement intérieur de l’entreprise,
  • du rôle des différents acteurs (service de santé au travail, services sociaux, encadrement, représentants du personnel),
  • des aides possibles en dehors de l’entreprise, mais aussi de la procédure à suivre  face à un salarié dans l’incapacité d’assurer son travail en toute sécurité (alerte, retrait de la personne de toute activité dangereuse…).

D’ailleurs, pour accompagner les différents acteurs dans la prévention des conduites addictives notamment dans le monde du travail, la Midelca a lancé fin 2017, un site internet « Addict’Aide » (lire notre précédent article à ce sujet).

L’employeur peut également mener des actions de prévention portant sur la consommation d’alcool lors des pots d’entreprise ou des repas d’affaire (l’interdiction des boissons alcoolisées sur le lieu de travail peut être totale ou partielle dans le «  Règlement intérieur »), l’amélioration des conditions de travail, la définition d’indicateurs d’alerte comme l’absentéisme répété de courte durée, les retards fréquents, la diminution de la qualité du travail et/ou de la productivité…

Pour agir en matière de prévention et de diminution des contraintes vécues par les travailleurs, il est nécessaire de combiner des actions en prévention primaire, secondaire et tertiaire.

Dans ce cadre, le Groupe JLO propose un accompagnement global des projets de santé au travail et de Qualité de Vie au Travail.

 

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Dans un souci d’accessibilité et de clarté, l’écriture inclusive n’est pas utilisée dans cet article. Les termes employés au masculin se réfèrent aussi bien au genre féminin que masculin.
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